FREDERICTON (GNB) – Le rapport d’enquête final sur l’existence d’une grappe potentielle d’un syndrome neurologique de cause inconnue a été rendu public aujourd’hui. Il contient plusieurs recommandations et solutions pour améliorer les mécanismes de surveillance et d’enquête sur les éclosions.

« Il n’y a aucun doute que ces patients sont gravement malades », a déclaré la ministre de la Santé, Dorothy Shephard. « Selon les conclusions de ce rapport, ils sont atteints d’autres maladies, de blessures ou de troubles graves. Le comité a indiqué que certains patients avaient besoin d’une évaluation et de soins de suivi urgents. Je suis convaincue que les spécialistes et autres fournisseurs de soins de santé de notre province sont tout à fait capables de fournir ces soins, mais j’ai informé les patients et leur famille, aujourd’hui, qu’ils peuvent demander un deuxième avis au moyen d’un aiguillage de la part de leur fournisseur de soins primaires. »

Mme Shephard a accepté le rapport final de la Santé publique du Nouveau-Brunswick et un rapport du comité de surveillance. Selon les conclusions des deux rapports, un tel syndrome n'existe pas au Nouveau-Brunswick.

Le comité de surveillance est composé de six neurologues, de deux coprésidentes représentant les deux régies régionales de la santé, et d’un représentant de la Santé publique. Il a été créé en juin dernier pour assurer une surveillance clinique indépendante et pour formuler des recommandations concernant les 48 cas ayant été initialement classés dans la grappe.

Selon les conclusions de l’examen clinique, les symptômes des patients variaient considérablement, et il n’y a aucune preuve d’une maladie commune ou d’un syndrome de cause inconnue. Le rapport complet est disponible en ligne. La Santé publique a publié son propre rapport, qui est également disponible en ligne. Ce rapport contient plusieurs recommandations pour améliorer la façon de signaler de nouvelles maladies potentielles et d’enquêter sur celles-ci.

La médecin-hygiéniste en chef, la Dre Jennifer Russell, a indiqué que la Santé publique a formulé des recommandations qui nécessitent des modifications réglementaires et des mesures provenant de différents ordres de gouvernement.

« Nous avons fait plusieurs recommandations pour éviter qu’une telle situation ne se reproduise », a affirmé la Dre Russell.

La Santé publique du Nouveau-Brunswick recommande notamment ce qui suit :

·         À l’avenir, la Santé publique du Nouveau-Brunswick pourrait demander un examen clinique des cas par un deuxième médecin spécialiste avant de les inclure dans une grappe de cas dont la cause est inconnue. Si les deux médecins ne s’entendent pas, le cas devrait être présenté à un conseil de médecins spécialistes ou à un comité de surveillance à des fins de décision.

·         Le Règlement sur certaines maladies et le protocole de signalement, pris en vertu de la Loi sur la santé publique, doit être modifié pour rendre obligatoire le signalement à la Santé publique du Nouveau-Brunswick de tout cas suspect de maladie à prions humaine ou animale, et ce, qu’il s’agisse d’un variant existant ou nouveau.

·         La Santé publique du Nouveau-Brunswick devrait continuer à tirer parti des collaborations avec l’Agence de la santé publique du Canada et d’autres partenaires fédéraux et provinciaux pour améliorer et moderniser le système national de surveillance de la maladie de Creutzfeldt-Jakob et pour établir ou améliorer les processus liés aux enquêtes sur les éclosions qui pourraient être signalées grâce à cette surveillance, y compris celles où la maladie à prions a été exclue. À cette fin, la Santé publique appuie la formation d’un groupe de travail fédéral, provincial et territorial qui contribuerait à cet examen.

« L’Agence de la santé publique du Canada se réjouit de la clôture de cette enquête, et elle appuie ses conclusions », a dit le sous-administrateur en chef de la santé publique du Canada, le Dr Howard Njoo. « Au cours de l’enquête, l’Agence de la santé publique du Canada a fourni des laboratoires de diagnostic spécialisés, et de l’expertise et des services en neuropathologie afin d’écarter la possibilité d’une maladie à prions. L’Agence a aussi, par l’entremise du Programme canadien d’épidémiologie de terrain, déployé plusieurs épidémiologistes et a aidé à l’élaboration du questionnaire épidémiologique ».

La Santé publique recommande que tous les patients ayant été informés qu’ils pourraient être atteints d’un syndrome neurologique de cause inconnue ou d’un trouble neurodégénératif communiquent avec leur fournisseur de soins primaires pour être aiguillés vers la Clinique interdisciplinaire sur les maladies neurodégénératives de Moncton ou vers un autre spécialiste.

Il s’agit d’une clinique de médecine de précision collaborative interspécialisée dans les troubles neurocognitifs affectant les patients adultes. Son objectif principal est d’évaluer, de diagnostiquer et de fournir des soins et des traitements continus aux patients atteints de troubles neurodégénératifs progressifs afin d’améliorer leur qualité de vie et d’apporter un soutien à leur famille.